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LA-TENTATION-DU-LIVRE

RoseBlood de A.G. Howard

 

 

Rune a une maladie mystérieuse - dès qu'elle entend un air d'opéra, la jeune adolescente ne peut s'empêcher de chanter. Si elle se retient, celle-ci a horriblement mal. Dans l'espoir d'aider Rune, sa mère décide de l'envoyer à RoseBlood, dans un conservatoire de musique français réputé pour avoir abrité le fantôme de l'opéra. Arrivée sur place, Rune fait la rencontre de Thorn, un violoniste énigmatique dont le visage est en partie recouvert d'un masque. Ce dernier va l'aider à discipliner son instrument vocal à travers des rêves et des échanges psychiques. Alors que les deux se rapprochent dangereusement, ils découvrent une connexion inouïe - Thorn voit dans l'âme de Rune, et Rune voit dans l'âme de Thorn. Mais Thorn est déchiré entre sa nouvelle relation avec Rune et son rôle dans les plans établis par Erik - son père et fantôme de l'opéra. Ce dernier va devoir choisir entre mener Rune à sa perte ou trahir la seule figure paternelle qu'il n'a jamais connu. 

Quelques semaines auparavant, j'avais commencé à lire Le Fantôme de l'opéra de Gaston Leroux, mais je n'ai jamais pu finir le roman. Je n'accrochais pas du tout aux personnages, au style rédactionnel ou encore à la romance, mais j'aimais bien le concept: une histoire d'amour entre une chanteuse d'opéra et un fantôme mêlant passion, folie meurtrière ainsi que du mystère. C'est pourquoi, lorsque j'ai vu que RoseBlood était une réécriture du roman, je n'ai pas hésité une seule seconde à me procurer le bouquin. Ceci étant une histoire plus moderne, je pensais trouver ce qu'il manquait au récit originel, mais malgré de bons apports, je n'ai pas été convaincue. Le livre est loin d'être mauvais, mais il n'a pas laissé de trace indélébile en moi! (Je parle de réécriture, mais en fait le bouquin est une suite inspirée des événements du Fantôme de l'opéra)

Rune est encore petite lorsqu'elle découvre la nature transcendante de sa voix, son chant est tel qu'il abasourdit ses auditeurs. Grâce à son père qui joue du violon, l'héroïne parvient à calmer ses impulsions mystiques - pour des raisons inconnues, les notes de cet instrument lui permettent de garder un certain équilibre. Mais tout change le jour où son père meurt brusquement. Rune n'a plus personne pour l'aider à contrôler ses impulsions, et le violon a disparu. Mais plus que cela, Rune a perdu un être cher qui la comprenait. Son père l'incitait à cultiver son talent alors que sa mère restait dubitative face aux superstitions auxquelles père et fille croyaient. Rune, comme son père et sa grand-mère, voit les auras qui entourent chaque personne - celles-ci apparaissent de couleurs différentes selon les émotions ressenties. 

Malgré que son histoire m'intéresse, je ne me suis pas attachée à Rune. En fait, je pense que l'auteure aurait dû se détacher complètement de l'oeuvre originale. Ici, l'héroïne est superstitieuse, elle connaît l'histoire du fantôme de l'opéra et elle y croit, du coup il n'y avait aucune surprise pour elle. Tout ce qu'elle apprend ne la choque pas, cela a même un sens. Mais si le personnage lui-même n'est pas surpris, comment moi puis-je l'être? Ca manquait de découverte, la protagoniste attribue tous les mystères au fantôme, je n'étais pas vraiment satisfaite. Néanmoins, j'ai préféré suivre les aventures de Rune à celles de Christine! 

Ensuite, on a Thorn, et c'est le personnage qui m'a le plus intrigué dans cette histoire. On a quelques fois son point de vue, et c'est lui qui apporte les éléments de mystère ainsi que les réponses à nos questionnements. Contrairement à Raoul qui se révélait agaçant et impulsif, Thorn se montre charismatique, patient et soucieux. Mais, au final, ce qui m'a le plus plu, c'est la connexion profonde entre Rune et Thorn. Chacun parvient à lire dans l'âme de l'autre, et la relation qu'ils ont avec la musique est juste magnifique et surprenante. A cela, s'ajoute leur nature, leur passé similaire et ce lien énigmatique qui les unit. 

Le fantôme de l'opéra - Erik - m'a paru plus approfondi. On connaît l'histoire de son passé douloureux qui l'a notamment poussé à prendre Thorn sous son aile. Marginalisé, utilisé et humilié, Erik a passé sa vie à souffrir de sa difformité (pratiquement l'intégralité de son visage est défiguré, le tout ressemblant à une tête de mort). J'ai aimé la manière avec laquelle l'auteure a justifié les pouvoirs du fantôme ainsi que sa longévité, et le fait qu'elle ait mis en avant sa part d'humanité - Erik respecte les êtres les plus fragiles. 

La relation entre Thorn et Erik est assez complexe. Thorn est gentil et respectueux alors qu'Erik est animé par un désir particulier qui le pousse à commettre des actes horribles dont on est jamais témoin. Mais Erik étant la seule famille de Thorn, ce dernier ferme les yeux sur les activités occultes de son père - il va même jusqu'à l'aider dans ses expérimentations. Au final, c'est l'arrivée de Rune qui va remettre Thorn sur le chemin de la rédemption - mais la décision est difficile puisque Thorn ne veut pas perdre Erik. 

Gros point fort du roman, c'est le chat Diable (super le nom au passage), je l'ai trouvé mignon et marrant à la fois! 

Cependant, si le roman a su instaurer une ambiance gothique, il manquait ce côté cauchemardesque. Avec toutes les capacités qu'a le fantôme, j'aurais voulu voir un Erik plus impitoyable pour mettre ses plans à exécution - mais au lieu de ça, j'ai eu un fantôme assez gentil, et ses pouvoirs n'étaient pas exploités à leur maximum.

De même, je n'ai pas été convaincue par les motivations d'Erik. Elles sont certes pertinentes quand on connaît son passé, mais on est loin de la grande révélation que j'attendais! Sans pour autant deviner les moindres détails, j'avais tout de suite fait la connexion... Au final, je trouve que l'auteure est restée trop collée à la structure du roman de Gaston Leroux.

Globalement, A.G. Howard a su mystifier la légende du fantôme de l'opéra. Elle a su trouver une explication cohérente entre l'univers fantomatique et le chant mystique du personnage principal (d'ailleurs, j'aurais voulu que le chant ait plus d'importance). Il y a une certaine beauté dans les éléments que nous propose l'auteure ainsi que des connexions intelligentes et magiques. Toutefois, je n'ai pas pu m'attacher aux personnages, et lorsque j'ai refermé le livre, je n'ai absolument rien ressenti. Quant à la fin, elle était un peu trop facile. C'est bien dommage, moi qui voulais tant aimer ce livre...!

Il est toutefois possible que le roman vous surprenne plus si vous n'avez pas déjà lu Le Fantôme de l'opéra!

 

Le livre est disponible sur Amazon: 

RoseBlood 

 

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