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LA-TENTATION-DU-LIVRE

Forgive Me, Leonard Peacock de Matthew Quick

              

                                          

Leonard Peacock a 18 ans, et il s'apprête à se donner la mort - mais avant il doit tuer Asher Beal. C'est avec son P-38 de la seconde guerre mondiale et quatre cadeaux pour ses amis, que Leonard se rend au lycée pour faire ses adieux. 

J'ai choisi de lire Forgive Me, Leonard Peacock parce que j'avais envie de lire quelque chose de terre-à-terre, mais surtout parce que je voulais ressentir quelque chose - peut-être même que j'avais besoin de me sentir bouleversée, transcendée - mais ce livre n'a pas eu l'effet désiré. 

Le livre est présenté sous forme de chapitres avec souvent des annotations en bas de page pour éclaircir certains points, présenter des personnages ou même développer la pensée de Leonard. J'ai pas été à l'aise avec cette typographie parce qu'il fallait que je me coupe de ma lecture pour lire ces notes, qui bien souvent n'étaient pas vraiment indispensables. 

Je m'attendais à verser des larmes, à ce que le livre me chamboule, me fasse réfléchir. Ce n'était pas du tout le cas, quand j'ai refermé le livre je n'ai absolument rien ressenti ! Pourtant le thème du suicide est lugubre, triste, dramatique - mais Matthew Quick m'a donné l'impression que le suicide n'avait pas d'importance, ce qui est, à mon avis, contraire à l'idée qu'il veut véhiculer, mais c'est comme ça que je le vois.

Voyez-vous, Leonard n'a rien d'un suicidaire normal, on dirait qu'il prend son pied à se dire qu'il va tuer son ancien meilleur ami et se tirer une balle en pleine tête juste après. Il est sarcastique, et ça m'a fait rire au début - sauf que c'est tout le livre comme ça. Bien sûr, y a eu des moments où j'ai ressenti sa tristesse, sa solitude mais pas de quoi en faire un fromage - on a tous connu ça au moins une fois dans sa vie. 

On apprend ce grand secret qui ronge la vie de Leonard, et on le comprend mieux. Mais l'auteur ne va jamais au bout de ses idées, rien n'est développé. Que ce soit les "révélations" ou les personnages, on en entend parler une fois et on passe à autre chose. Il n'y a même pas d'éclaircissement, en gros ça donne: "T'es un monstre, j'te parle plus!", "Ah bon, d'accord! Bonne continuation!". Et moi je suis là WTF?? 

Parlons des amis de Leonard - ou plutôt ces tâches que l'auteur appelle amis. Je veux bien croire qu'on peut avoir du mal à se faire des amis, mais de là à ne rencontrer que des gens qui t'envoient bouler, faut pas exagérer. J'ai même pas compris pourquoi Leonard perdait son temps avec eux. 

L'intrigue - bah y en a pas. Leonard cherche à mettre fin à ses jours en entraînant Asher Beal avec lui. Ne vous attendez pas à ce que Leonard soit un enfant martyrisé, moqué, mal-aimé, parce que ce n'est pas ce que vous allez trouver ici. Je m'attendais à découvrir un personnage brutalisé, mis à l'écart de la société (parce qu'homosexuel ou quoi), et que cela serait la raison pour laquelle Leonard voudrait tuer Asher. Bref, je m'attendais à un désastre à la Columbine (si vous n'avez pas vu le documentaire Bowling for Columbine, je vous le conseille). Psychologie: zéro. 

J'ai quand même le sentiment que Matthew Quick a cherché à faire des pages plus qu'autre chose. On a des pages avec trois mots dessus, beaucoup de répétitions pour dire que Leonard est "fucked-up", "a freak". Et les lettres du futur ne servent à rien, j'y voyais un autre intérêt au départ et je m'étais dit "ça rajoute un bel effet dramatique" avant de comprendre que c'était du blabla inutile. 

Alors oui, Leonard fait de belles réflexions sur la vie, des remarques intelligentes - mais si j'avais voulu lire ça, j'aurais englouti un livre de philosophie, pas un roman contemporain ! 

Ce que je voulais, c'était mieux comprendre une personne suicidaire, comprendre pourquoi et comment certains craquent sous la pression des autres étudiants qui peuvent être très méchants les uns envers les autres. Je ne sais pas ce que l'auteur a voulu faire passer comme message, mais ça a été un gros fail pour moi. Ce livre n'est pas pertinent du tout. 

Si vous voulez un roman noir avec de la pychologie, je vous conseillerais plutôt Mystic River de Dennis Lehane. 

 

La suite contient des SPOILERS

 

Quand j'ai refermé le livre, je me suis dit: "tout ça pour ça". Je ne vais pas mentir, j'espérais depuis le début que les choses finissent bien, qu'il y ait de l'espoir pour toutes ces personnes qui ne se sentent pas à leur place dans ce monde. Mais du coup, ce livre finit un peu trop bien. 

Après 280 pages où le personnage savait qu'il voulait se donner la mort, Leonard décide de vivre. Sa décision n'est pas le problème, mon souci c'est tout le cheminement qui a mené à cette décision. Leonard semblait si certain qu'être adulte signifiait être malheureux, esclave d'un système, qu'il ne manquerait à personne - bref, il était vraiment conforté dans son ambition, et tout d'un coup il se rend compte... 

Le titre donne de fausses impressions. Honnêtement, je croyais que c'était sa signature après avoir laissé une lettre expliquant à ses amis les raisons de son suicide. Or, il ne le fait pas. 

Reparlons de ces lettres du futur. Je croyais que c'était des lettres irréelles pour montrer ce que Leonard aurait pu vivre s'il ne s'était pas suicidé - que même si à un moment donné on a l'impression que le bonheur ne nous sourira jamais, tout peut changer, on peut trouver le bonheur. Bien sûr, ce n'était pas du tout ça, et ça n'a pas du tout servi à Leonard puisqu'il n'y croit même pas... 

J'attendais tellement de ce livre, c'est une grosse déception. 

 

Le livre est disponible sur Amazon: 

Forgive Me, Leonard Peacock

Pardonne-moi, Leonard Peacock

 

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